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Qu’arrive-t-il quand il n’y a plus de sexe ?

  • Qu’arrive-t-il quand il n’y a plus de sexe ?

Par Rana HAMROUNI

Sex Therapist & Life Coach-

On évoque souvent les nombreux avantages physiques et psychologiques de la galipette régulière ou même de l’exploration érotique en solitaire, mais vous êtes-vous déjà demandé comment réagirait votre corps si vous le priviez de plaisirs lascifs un peu trop longtemps ? Le manque de sexe est-il nuisible pour la santé ?

Il peut arriver qu’à certaines périodes de notre vie, nous passions quelques mois, voire quelques années, sans avoir de rapports sexuels. Ne pas faire l’amour de temps en temps arrive à n’importe qui, mais une période importante d’abstinence a des effets sur notre santé mentale et physique :

  • Une baisse de la libido :

Si vous n’avez pas fait l’amour depuis un moment, il y a de fortes chances que vous ayez moins envie que d’habitude. Pendant l’acte sexuel, le corps produit des endorphines. Ces hormones provoquent une sensation de bien-être et permettent d’associer le sexe à un sentiment positif. Quand cette hormone ne circule plus dans le corps, nous avons moins besoin de sexe et notre libido diminue. Mais les experts se veulent rassurants : peu importe la durée de l’abstinence, l’appétit sexuel se réveille dès que la machine est remise en route.

  • Des troubles de l’érection :

Chez l’homme, l’abstinence peut provoquer des dysfonctions érectiles. Une étude de 2008 publiée par la revue American Journal of Medicine fait état d’une baisse de 50% des risques de souffrir de troubles de l’érection chez les personnes ayant des rapports réguliers. Tout comme l’exercice physique préserve les capacités athlétiques du corps, les rapports sexuels préservent les capacités érectiles du sexe masculin. Les auteurs de l’étude expliquent que le pénis a besoin d’entrainement pour conserver son tonus. Par ailleurs, même avec une érection qui tient la route, faire l’amour trop peu souvent peut rendre difficile l’endurance durant la galipette : c’est toujours dommage, une fête qui termine trop tôt.

  • Le système immunitaire fragilisé :

Vous n’arrêtez pas de tomber malade depuis que vous ne faites plus l’amour ? C’est normal, car votre système immunitaire est affaibli. La production d’immunoglobulines, qui nous aide à lutter contre les virus et les bactéries qui traînent, est diminuée. Le corps est donc privé d’une ligne de défense importante.  Les chercheurs de l’Université Wilkes-Barre aux Etats-Unis l’ont prouvé, les personnes qui font l’amour au moins une ou deux fois par semaine ont un taux d’immunoglobuline A 30% supérieur à ceux qui s’ébattent moins… Or cette charmante substance au doux nom scientifique représente nos premières lignes de défense contre les invasions virales de notre corps !

Comme dit le slogan : « la galipette hebdomadaire, c’est le secret immunitaire ! »

  • La prostate en péril :

En répercussion au problème d’érection susmentionné, la rareté des éjaculations augmente le risque d’avoir un cancer de la prostate. Une étude scientifique a établi que les hommes ayant une activité sexuelle régulière avaient 20% de risques en moins d’attraper un cancer de la prostate. En effet, l’éjaculation sert à nettoyer les substances potentiellement nocives de votre corps.

  • On augmente les risques de cancer du sein :

L’ocytocine, hormone de plaisir que notre corps produit durant l’amour, protégerait les femmes contre le cancer du sein.

  • Bonjour tristesse :

Le manque de sexe jouerait directement sur l’humeur et notamment sur celle des dames ! En effet, elles auraient tendance à se sentir moins bien dans leur peau en période de vide érotique. Cela s’explique d’abord par une baisse de l’estime de soi due à l’impression de ne pas être séduisante, mais cela pourrait venir aussi d’une raison plus physiologique… Une étude américaine publiée en 2012 a révélé que le sperme rendrait heureux ! Ainsi les femmes ayant des rapports non protégés (et donc avec leur partenaire de longue date après vérification de l’absence d’IST !) ont plus le moral ! Cela s’expliquerait par la présence de trois antidépresseurs dans le sperme : la mélatonine, la sérotonine et la thyrotropine.

N’oubliez pas cependant que le préservatif reste à privilégier et qu’il vaut mieux endurer un coup de cafard à l’occasion qu’une IST indéboulonnable !

  • Une augmentation du stress :

Faire l’amour aide à diminuer le stress. Ne pas faire l’amour est donc associé à une augmentation des niveaux de stress. D’après une étude menée en 2005 et citée par Medical Daily, le manque de rapports sexuels réguliers empêche l’organisme de réduire la pression sanguine qui augmente en réponse à des situations stressantes.

  • Un manque de confiance en soi :

Si le sexe a des propriétés anti-déprime et nous aide à nous sentir désirable, une période d’abstinence peut mettre notre estime de nous à dure épreuve. En cause, l’effet de différentes hormones qui circulent dans notre sang après l’acte et dont le manque se fait sentir lorsqu’on ne fait plus l’amour.

  • Le sentiment de frustration :

Comme chacun(e) l’aura remarqué au cours de son existence, dès que le manque de sexe commence à se faire sentir, un sentiment de frustration envahit peu à peu… Au-delà du besoin physique de faire l’amour, il y a également celui d’être en contact avec un être cher, de ne faire plus qu’un et de partager un instant d’intimité d’une puissance dont seule la galipette est capable.

  • L’agressivité :

Si le sexe apaise, aide à dormir et rend zen après la bataille, à l’inverse, le manque de galipette à tendance à rendre irritable et agressif. C’est le manque qui est à l’origine de cet énervement croissant. De la même manière que la faim ou le manque de sommeil rendent impatient et un brin désagréable, le manque de sexe entraine cette même agressivité. Ainsi le champion de boxe philippin Manny Pacquiao déclarait se priver de sexe pendant un mois avant un match important pour être sûr d’être une humeur massacrante…

  • Votre couple risque d’en pâtir :

L’absence de sexualité dans le couple entraine une baisse de complicité, de joie, et de confiance. Un psychologue spécialiste des questions du couple, Les Parott, explique ainsi que « un mariage sans sexe conduit à une perte de l’estime de soi, engendre la culpabilité et entraine la diminution d’ocytocine dans le corps et d’autres hormones de l’amour. Cela peut également faire craindre à l’un des deux partenaires que l’autre aille voir ailleurs, conduisant à de la jalousie paranoïaque. »

Pour cet expert, un couple sans sexe peut malgré tout vivre heureux à condition qu’il existe des alternatives à l’entretien de l’intimité : câlins, baisers, promenades main dans la main, compliments et petits cadeaux surprises renforcent aussi l’amour du couple.

  • Mais moins d’infections urinaires :

Mettre la galipette de côté n’a pas que des désavantages pour la santé, ainsi les femmes facilement sujettes aux infections urinaires ont beaucoup plus de chances d’en avoir une après un rapport… Il existe cependant quelques techniques pour limiter les risques de cystite après l’amour comme d’uriner toute de suite après ou de manger des canneberges !

 

La subjectivité du manque :

Le manque de sexe reste une valeur subjective, certaines personnes commençant à ressentir les premiers symptômes de l’abstinence au bout de 24 heures quand d’autres peuvent errer dans leur vie sans sexe et sans souci de longs mois. L’important étant surtout que les deux partenaires soient à peu près sur la même longueur d’onde quant à la question de la régularité érotique. Vous pourrez par ailleurs créer volontairement un peu de manque dans votre couple afin de vous offrir des retrouvailles érotiques épiques, c’est à dire littéralement : reculer pour mieux sauter !

 

 

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