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Masturbation féminine : encore taboue ? – par Rana HAMROUNI sexothérapeute

  • Masturbation féminine : encore taboue ? – par Rana HAMROUNI sexothérapeute

Par Rana HAMROUNI

Cabinet de Sexothérapie-

La vie sexuelle de chaque femme se construit en fonction de ses apprentissages : éducation familiale, croyances religieuses, influence des pairs… Mais elle varie aussi beaucoup selon le type de personnalité ainsi que l’évolution (ou l’absence d’évolution) de la confiance et de l’estime de soi. La masturbation a longtemps été un comportement sexuel réprimandé, voire condamné.

Fort heureusement, les temps changent et les connaissances se précisent. Mais les convictions ont la vie dure ! Et il reste parfois quelques résidus nocifs. Mettons un peu de lumière sur tout cela !

Bien plus qu’un plaisir solitaire :

Contrairement à sa réputation, la masturbation n’est pas un acte d’égocentrisme aigu ! On a longtemps voulu faire croire aux gens que la masturbation était un acte impur, il n’est donc pas étonnant que plusieurs femmes se sentent coupables et honteuses de se masturber.

En réalité, la masturbation est bien plus qu’un acte de plaisir solitaire : il permet aux femmes d’apprendre à se connaître sexuellement, à définir ce qui est érogène sur leur corps et surtout à s’abandonner au plaisir. Car l’orgasme demande une grande capacité d’abandon et de nombreuses femmes y parviennent en se masturbant. En plus de ces bienfaits, la masturbation chez la femme permet cet « entretien » de la libido. Plus une femme parvient à avoir du plaisir sexuellement, plus elle aura tendance à cultiver son désir et par le fait même son envie de faire l’amour avec son partenaire.

Le rapport Hite, véritable pionnier de ces sujets, a révélé que la masturbation est la pratique sexuelle la plus agréable pour les femmes. Selon les données de cette recherche, les femmes atteignent l’orgasme pendant la masturbation dans 95% des cas et mettent bien moins de temps à l’atteindre.

Attention toutefois à ne pas tomber dans l’incantation : Beaucoup de femmes qui ne se masturbent pas ont une vie sexuelle épanouie aussi !Cela ne fonctionne que si on en a envie, au même titre finalement que toute pratique sexuelle.

Utopique, donc, de penser que le fait de se connaître soi-même permettrait de balayer nos inhibitions et de mettre fin à tous nos blocages ? Ce n’est évidemment pas si simple. Nombreuses sont celles qui parviennent facilement à l’orgasme seules sans pour autant jouir avec leur partenaire. Ce qui est en jeu, c’est le regard de l’autre, la pression qu’il peut faire peser. Lorsque l’on est seule, ce poids disparaît, d’où l’orgasme.

Un rendez-vous avec soi-même :

La masturbation donne un plaisir vif, rapide, presque à coup sûr.« On peut atteindre l’orgasme en même pas deux minutes. Cela dit, c’est très différent de l’amour avec un partenaire. Ce n’est ni plus fort, ni moins fort, ni mieux, ni moins bien », témoigne A, une femme de 42 ans. C’est autre chose, et les deux peuvent – je dirais même doivent – coexister pour que l’on se sente totalement épanouie.

Pour aimer, mieux vaut s’aimer soi-même avant tout, faute de quoi la relation risque de devenir une dépendance, une quête de réassurance, et non un échange.Il existe un lien évident entre la méconnaissance des femmes de leur corps et leur incapacité à jouir. Du coup, incapables de guider leur partenaire, elles en attendent passivement tout… et le rendent responsable quand le plaisir n’est pas au rendez-vous.Grâce à l’auto-érotisme, on devient plus actif et cela profite aux deux.

Jardin secret :

Il y a cette croyance selon laquelle cela devrait s’arrêter lorsque l’on est en couple, croyance liée au présupposé social et religieux voulant que la finalité du rapport sexuel soit la seule fécondation. Le malentendu ne date pas d’hier.

Il n’y a aucune raisonde culpabiliser la pratique de la masturbation.La sexualité est plus large que le rapport sexuel dans le couple, elle englobe la masturbation, les rêves érotiques, les fantasmes, la sensualité…

  • La masturbation est un geste intime que l’on n’est pas obligé de partager avec son partenaire. Ne pas en parler ne signifie pas en avoir honte mais simplement avoir un jardin secret. Si l’autre vient à en parler, à vous de sentir jusqu’à quel point vous avez envie de vous livrer. L’idée c’est de ne pas museler cette liberté qui vous appartient et de continuer à vous sentir libre de vous faire plaisir en solitaire, sans que l’image de l’autre interfère ou un sentiment de culpabilité ne s’installe.
  • En solo, la masturbation permet donc de mieux se connaître mais aussi de vivre une sexualité différente où le fantasme et l’imagination ont toutes leurs places, sans regard extérieur. C’est aussi une façon de prendre confiance en son corps. Sans le poids des normes sociales.
  • Ce faisant, la masturbation en solo a un fort potentiel excitatoire. En se replongeant dans son monde personnel fantasmatique, en faisant appel à des sensations ressenties en étant seule une fois en couple, on peut raviver une flamme parfois… faiblarde.
  • La masturbation a également un rôle d’exutoire quand la possibilité d’une frustration peut apparaître dans un couple : quand la femme n’atteint jamais l’orgasme en couple.

Il ne faut toutefois pas croire que la masturbation doit se faire en dépit d’une relation sexuelle, bien au contraire. Elle est un complément et non un suppléant à la vie érotique d’un couple.

Se masturber, ce n’est pas tromper :

Encore heureux ! Ce n’est pas parce que les gens sont en couple qu’ils doivent cesser de se masturber ou encore s’attendre à ce que leur partenaire satisfasse leurs envies en faisant l’amour « sur demande ». C’est à ce moment que la masturbation permet la gestion de ce désir. La différence dans l’intérêt des fréquences sexuelles au sein d’un couple peut occasionner des discordes, mais si chacun apprend à libérer ses tensions sexuelles, cette gestion devient un facilitateur. Surtout pas celui de la masturbation qui est un moment avec soi.

Ses bienfaits sur le corps :

  • Une source d’évacuation du stress : C’est un moment de détente, de soi à soi, on ne peut donc pas mal faire ou penser mal faire puisqu’il s’agit de notre corps. Outre l’aspect mental, la masturbation entraîne un orgasme qui permet à notre corps de se détendre profondément.
  • Le système immunitaire: L’orgasme renforce le système immunitaire et agit comme un anti douleur efficace contre la migraine notamment.
  • C’est bon pour la santé : Oui oui, la masturbation est une bonne séance d’entraînement cardio-vasculaire. Les plaisirs solitaires libèrent des endorphines qui influent positivement sur notre humeur. Cela réduit la tension artérielle, combat les infections chez les femmes.
  • Elle aide à réduire le stress : Lors de la masturbation, le cerveau sécrète des endorphines qui réduisent l’état de nervosité. Ces hormones sont multipliées lors de l’orgasme, ce qui entraîne un relâchement musculaire qui accentue la sensation de détente. La masturbation est donc un allié non négligeable de la «zénitude» !
  • Elle favorise le sommeil : Plusieurs avouent pratiquer la masturbation avant le coucher parce que favoriser le sommeil. C’est encore une fois grâce aux endorphines qui agissent comme un somnifère naturel. Alors, vous souffrez d’un sommeil agité ou d’insomnie ? Voici une belle façon de rendre l’utile à l’agréable !
  • La libido: La masturbation permet également d’entretenir ou relancer la machine sexuelle en maintenant nos sens en éveil par le biais de nos fantasmes renouvelés et de notre corps habitué au plaisir.
  • La connaissance : En explorant ses plaisirs en solitaire, on apprend à les connaître et donc à mieux les contrôler lors des galipettes avec un partenaire. On est alors plus à même de le guider sur la route de l’extase.

Indicateurs de comportements masturbatoires problématiques :

– Quand la masturbation devient le seul et unique moyen d’obtenir un orgasme.

– Quand la masturbation remplace volontairement toute vie sexuelle avec un partenaire.

-Quand la masturbation occupe l’essentiel des pensées, privant ainsi l’individu de sa capacité à se concentrer sur autre chose – elle peut même être à ce point dérangeante que la personne n’est plus en mesure de vaquer à ses occupations régulières ou routinières.

Dans le cas où on identifie la masturbation comme un comportement problématique à la vie personnelle ou à la vie de couple, il devient impératif de consulter en sexothérapie afin d’aller chercher des outils pour comprendre la situation correctement afin de trouver des solutions applicables et efficaces.

 

 

Bénéfique à la sexualité, à la santé, au couple et pour le plaisir de se faire plaisir, les personnes qui vivent librement leur sexualité sont plus saines physiquement et mentalement. Preuve que même en matière de sexualité, charité bien ordonnée commence par soi-même !

Et comme le disait Woody Allen « La masturbation, c’est faire l’amour avec quelqu’un qu’on aime. »

 

Par Rana HAMROUNICabinet de Sexothérapie-
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