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Rafika Belhaj Abid ..Une guerrière des temps modernes

  • Rafika Belhaj Abid ..Une guerrière des temps modernes

 

 

S’il est une enseigne tunisienne dont le nom et la notoriété montent en flèche ces dernières années, gagnant de plus en plus la sympathie et la fidélité du Tunisien, c’est bien la marque HA, du nom de son fondateur, Feu Hamadi Abid, parti trop tôt. Un homme d’affaires qui a démocratisé la mode mais que le trépas nous raflé alors qu’il était à l’apogée de son succès.

Un coup dur pour ses proches, son entourage familial et professionnel. Hamadi Abid est devenu, l’icône de l’homme d’affaires doué, dévoué et, désormais, immortel.

Immortel, car il a su se frayer un chemin malgré tous les périples qui ont croisé son chemin dans un secteur de prêt-à-porter devenu de plus en plus concurrentiel envahi par le déferlement des marques étrangères.

Aujourd’hui, après le départ du maître, la continuité est assurée. Le succès est toujours au rendez-vous. Ses proches et son équipe continuent la route. Ils suivent ses pas, innovent et varient l’offre toujours avec le même principe : une mode de bonne qualité et surtout à la portée du Tunisien moyen.

Jusque-là, femme de l’ombre, méconnue par le grand public, dévouée à son compagnon de route, l’épouse de Feu Hamadi Abid, Rafika Belhaj Abid a pris le flambeau pour continuer la route d’un mari adulé et idolâtré.

 

« Il a été appelé à Dieu avant de voir ce dont les êtres qu’il aimait sont capables. Dans ce monde où je reste, où les événements, les peines et les joies enfin me rejoignent sans plus atteindre ma personne à double sensibilité. La séparation à jamais a modifié mon quotidien mais ne le supprime pas. La mort a laissé l’absence… l’amour et l’impossibilité de le vivre. On ne se console jamais, on s’habitue tout simplement au chagrin. Je ne comprends pas ou plutôt, je comprends trop bien. Il s’agit d’aller là où il est impossible d’aller… »

Elle est sur tous les fronts, par mont et vallées. Une guerrière des temps modernes qui a puisé dans son chagrin, une détermination qui force le respect et l’admiration. La campagne de route et l’épouse de notre regretté Hamadi Abid a réussi à transformer son deuil en détermination pour honorer la mémoire de son mari.

Rafika Belhaj incarne l’image de cette épouse dévouée, cette maman poule et cette femme qui a la main sur le cœur.

 

La relation fusionnelle qui était la leur, lui a permis de se reprendre en main, d’apprivoiser la douleur qui la ronge et de reprendre le flambeau. Il faut bien que le rêve HA continue et brille encore et encore. Elle s’y investit corps et âme, animée par l’amour qui les lie au-delà de la mort, les ambitions et les aspirations de son regretté mari.

 

Désormais, femme d’affaires appliquée, elle est très pointilleuse et impliquée afin que l’enseigne de bientôt 30 ans, réponde toujours aux exigences du marché et perce dans un secteur envahi par les marques de textile étrangères.

« Avec sa mort j’ai comme perdu le passé, le présent et le futur incertain. Je me retrouve avec, au fond du cœur, ce stock d’amour qui ne sert plus à rien. Je n’ai pas fais face à un deuil mais à toutes ces « premières fois » sans lui qui sont autant de blessures qui ne cessent de me ravager. La première nuit dans le lit vide, et le côté inoccupé que j’évite de froisser. Le premier repas sans lui. La première complexe réunion familiale. Jamais plus nous ne rirons ensemble, plus sa main dans la mienne. La souffrance de l’absence est toujours vivante, elle ne me lâche pas. On n’y replonge pas mais j’apprends à y nager »

Son côté de businesswoman tenace, un rôle que la vie lui imposée, n’influence aucunement son rôle de maman, ni de femme douce et humaine. Il suffit de la regarder de plus près pour s’apercevoir de l’amour maternel débordant pour ses enfants. Le plus beau cadeau que Feu Hamadi Abid lui ait fait. Rafika Belhaj Abid est l’exemple de cette maman-poule et dévouée. Une relation fusionnelle la lie à leurs progénitures. Le départ trop cruel de son compagnon, a encore renforcé les liens filiaux et a soudé une famille endeuillée mais unie.

 

 

« Il est mort et je vis, je continue d’aimer le compagnon de ma vie alors même qu’il l’a quittée. Je suis tout juste la gardienne, debout, au seuil entre vie et mort. Il est mort et je continue de l’aimer. Il reste ce que nous avons construit ensemble mais qui reste inachevé. Aujourd’hui, hormis les amitiés, tout me semble balayé par l’ouragan. Je pourrais écrire des pages et des pages, pour dire ma détresse, ma douleur toujours aussi vive. Je vis à travers sa lumière que j’ai emmagasinée depuis la première rencontre. Elles sont devenues un livre. Grâce à lui j’ai pu faire le deuil de mes parents… Mais personne n’a pu faire mon deuil aujourd’hui… Je suis dans ce désert pour qu’une source puisse trouver naissance

 

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