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Démocratie & vote : deux notions inséparables !

  • Démocratie & vote : deux notions inséparables !

Par Dr RejebHaji

« L’erreur d’un dirigeant peut être fatale pour son peuple en dépit des intentions louables qui l’animent. » Habib Bourguiba

Dans tous les pays démocratiques, tous les partis politiques visent à bâtir une société idéale où règneraient la justice, la liberté et la prospérité. Les expériences tentées partout ont échoué à réaliser cet objectif. Certes il ne saurait être question d’ignorer les progrès accomplis dans ces différents domaines, mais cette progression n’a été ni uniforme, ni en phase partout et de toute part. Les soubresauts historiques du siècle dernier et de celui qui commence nous le rappellent à l’évidence.

La situation actuelle de notre pays nous inquiète profondément. Les difficultés d’existence grandissent et l’incertitude du lendemain pèse lourdement sur notre vie à tous. Jour après jour, ce sont des usines fermées, des travailleurs licenciés, des diplômés sur le marché du travail à la recherche vaine d’un emploi… Comme les hommes providentiels à l’exemple du défunt Président BéjiCaïdEssebsi avec le charisme, le rayonnement, la transparence et l’autorité morale nécessaire ne sont plus que des références, les partis politiques sans troupe, tentent de s’y substituer. Ces derniers, au fonctionnement souvent stalinien, aux financements souvent occultes, soutenus par des organismes en apparence de la société civile et des moyens d’information, sans normes et sans contrôles, loin de constituer un gage de démocratie nous proposent une série de promesses sans lendemain. Mais ni les moyens de tenir ces dernières, ni leur quantification et encore moins leur financement ne sont évoqués à travers ces débats sans intérêts qui se résument à des « copier- coller » à outrance.

Les solutions font largement défaut dans leurs programmes, quand ces derniers existent. Certains vont jusqu’à revenir sur la scène, pourtant leur échec a été cuisant lors de leur passage aux responsabilités. Aucun d’eux n’a eu le courage de s’excuser de son bilan catastrophique ni de faire un inventaire des promesses non tenues. Ils reviennent à charge pour nous amadouer à nouveau par le biais d’une constitution mal au point avec le pays réel. Ne pas reconnaître ses échecs, en contestant leurs réalités est, pour un responsable politique, une faute lourde de conséquences pour le pays. La logique des défaites humiliantes est de quitter le pouvoir et laisser le pays vaquer à son triste sort. Au lieu de remercier les tunisiens pour les responsabilités éminentes qui leurs furent confiées, il ne faudrait pas leur en vouloir d’avoir ramassé des miettes, au lieu de respecter l’Histoire de la Tunisie et la considérer dans son ensemble avec lucidité et sans recherche de culpabilité.

Il faut être fier d’un grand peuple qui a apporté à travers l’Histoire des trésors de pensée, d’art et de sciences. Il faut prêcher une image de sérénité, tranquille et confiante pour sauver le bateau et l’amener au rivage désiré.

Pourtant les problèmes de notre pays sont identifiés. A titre indicatif il faut moderniser l’agriculture, développer l’industrie, réformer l’enseignement, assurer un maximum d’emplois, réorganiser la santé, doter chacun d’un logement décent, réduire les inégalités, corriger les déséquilibres sectoriels et régionaux, lutter contre la pauvreté, stabiliser les prix et la monnaie… mais également promouvoir la liberté, la dignité et le bonheur de chacun.

En dehors du cirque médiatique, on est en droit de se poser des questions à ces sujets. Les échanges et débats n’ont pas encore traité de ces thèmes ? Quelles sont les solutions proposées par cette multiplicité de candidatures qu’elle soit de droite ou de gauche? Avec quels financements vont-ils les réaliser et dans quels délais ?

Cette multiplicité n’a apporté à ce jour aucune contribution ni à la pensée, ni à la spiritualité, elle a abouti à polluer encore plus le paysage politique et atteint les fondements de ce modèle démocratique dont nous cherchons à jeter les bases, selon une démarche propre teintée de « tunisianité ». Mais au lieu d’un débat d’idées pour soulever les masses, elle ne fera que semer le doute et par suite l’indifférence générale à l’égard du politique, ce qui est grave pour
l’avenir de nos enfants. Or pour affronter la situation précaire, aux contours imprécis et imprévisibles, laissée par les « novembristes » et aggravée par les gouvernements qui se sont succédé depuis la révolution, il faut sauver notre économie du désastre. Nous avons écrit et démontré plusieurs fois que la seule voie passante demeure l’obligation de souscrire à des projets susceptibles d’être inscrits dans les faits et d’inspirer des programmes d’action garantissant la sécurité, la liberté et la forte croissance économique source, d’emplois et de revenus.

C’est dans cette catégorie de pensée que s’inscrit la révolution de Janvier 2011. Sur cette base les partis politiques auraient dû se regrouper en petit nombre, après échanges et débats.C’était ce recours raisonnable qui doit placer, dans la durée, leur action politique afin d’aider un tant soit peu à changer les conditions des tunisiens pour les propulser sur la voie du progrès. Une nouvelle gouvernance pour gérer notre pays autrement, permettra de minimiser l’écart entre les promesses et la réalité.
Pour cela, l’urgence est de mobiliser toutes les énergies, de la participation de tous les citoyens à l’effort collectif. Au-delà des classes sociales, de génération, de milieux de vie, il s’agit de répondre aux besoins de la population, tel est le but essentiel de toute politique économique.
Attentif à la vie quotidienne de nos concitoyens, faisant confiance à l’esprit d’innovation et à leur intelligence, cherchant le dialogue et la confrontation des idées et des projets, c’est le message de la révolution de janvier perçu par le citoyen lambda et qui a été abandonné en cours de route, au profit du paraître et de la recherche du pouvoir. Une telle mission ne peut être conférée, en aucun cas, à ces Hautes Commissions non représentatives dont la composition reste floue, sans bilan et dont les membres, pour la plus part, d’illustres inconnues, s’arrogent en plus le droit de décider de notre avenir, en nous imposant leurs procédures et en nous dictant leurs lois. Outre le signal fort qui leur est envoyé jusqu’à ce jour, par la faiblesse des inscrits, les sondeurs d’opinion, même dans leur illégalité, le confirmeront sans doute, quel que soit leur échantillon et quelle que soit la méthode qu’ils adoptent celle des quotas ou la méthode aléatoire (voir notre article publié par la presse le 25 juillet 2011 : le sondage une éthique…).Seul, à l’heure actuelle, l’Institut National de la Statistique (INS) est apte à diligenter un sondage d’opinion. Cette institution indépendante qui devrait être rattachée à la Présidence, regorge de professionnels dans le domaine de la statistique et dispose, en plus, d’échantillons représentatifs. Faisons lui confiance pour nous éclairer sur l’état de l’opinion publique et sur la représentativité des partis et des organisations non gouvernementales.

Tout en laissant les membres de ces commissions se chamailler dans leur tour d’ivoire et par-delà nos divergences sur les méthodes, l’engagement responsable est le seul moyen de s’accomplir dans l’action et de faire évoluer la réalité vers l’idéal dont nous rêvons tous sans distinction de formation, de région, de religion et d’âge. C’est dans ce sens que le devoir nous interpelle et nous appelle à aller voter. Ce geste a une importance capitale pour notre vie et pour notre pays. C’est la seule bouffée d’air face à l’atmosphère de grisaille qui caractérise cette phase transitoire sans fin. Par ce bulletin, du plus petit village aux grandes villes, chaque voix compte pour mettre fin « au transitoire », « au provisoire » et au mal qui ronge notre pays depuis la révolution. Nous serons tous alors le rempart nécessaire pour barrer la route aux opportunistes, à ceux qui tentent d’accaparer la révolution, à ceux qui ont promis des indemnisations à leur clientèle et à ceux qui travaillent à son échec à l’intérieur et à l’extérieur du pays à tous ceux qui ont assumé des responsabilités et à tous ceux qui n’avouent pas que leur bilan est globalement négatif.

La révolution est la nôtre. Nous sommes, pleins d’optimisme et à la hauteur des nouvelles exigences, capables d’assumer la responsabilité historique de sauvegarder l’indépendance et d’assurer la dignité de notre pays. Nous remporterons, sans doute, toutes composantes de la société confondues, la bataille de l’espoir en balayant tous ceux qui ont tenté de l’entraver. R.H.

*Dr d’Etat en économie, Dr en statistique, Diplômé de l’Institut d’Administration des Entreprises de Paris, Diplômé de l’Institut de Défense Nationale (4ième promotion), Chef de cabinet de Mohamed Sayah, Premier maire de Melloulèche …

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