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Découvrez quel parent êtes-vous !!

  • Découvrez quel parent êtes-vous !!

Pendant les premières années de la vie, que plusieurs considèrent comme une période unique en matière de développement, les parents revêtent une importance particulière. Alors qu’ils guident leurs jeunes enfants de la dépendance totale aux premières étapes de l’autonomie,  les comportements des parents peuvent avoir des répercussions immédiates et durables sur le fonctionnement social de leur progéniture, dans des domaines tels le développement moral, le jeu avec les pairs et la réussite scolaire.

Il existe probablement autant d’opinions sur la définition des « bonnes pratiques parentales » qu’il y a de personnes interrogées. Les nouveaux parents reçoivent souvent des conseils sur la façon de prendre soin de leurs enfants de la part de leurs propres parents, d’experts, de leurs pairs, et ils en trouvent aussi dans la culture populaire. Développer un style parental approprié pendant les premières années de la vie d’un enfant représente un défi pour les nouveaux parents, surtout quand les diverses sources d’information se contredisent. La recherche sur les styles parentaux efficaces peut les aider à atteindre un équilibre adéquat entre la sensibilité et le contrôle.

Une grande partie des études contemporaines sur les styles parentaux développent  plusieurs concepts proposés par Diana Baumrind dans sa recherche formatrice, effectuée dans les années 1960, qui décrivait un système de classification comportant trois groupes. Depuis l’avènement de ce type de recherche, qui fait généralement appel à de l’observation directe, des questionnaires et des entrevues auprès de parents et d’enfants, la classification est basée sur deux grandes dimensions des styles parentaux : contrôle/exigences (demandes de maturité des parents envers l’enfant, supervision et discipline), et sensibilité (actions qui favorisent l’individualité, l’autorégulation et l’affirmation de soi, par l’écoute des besoins et le soutien). Les chercheurs contemporains classent typiquement les styles parentaux en quatre groupes : autocratique, caractérisé par des niveaux élevés de contrôle et de faibles niveaux de sensibilité; indulgent et permissif, caractérisé par de faibles niveaux de contrôle et de hauts niveaux de sensibilité; démocratique, caractérisé par des niveaux élevés de contrôle et de sensibilité; et négligent, caractérisé par un manque de contrôle et de sensibilité.

  Le style négligeant

Le style négligeant combine peu de contrôle et peu d’attachement : dans ce style éducatif, les enfants sont laissés livrés à eux-mêmes, ont peu de règles au quotidien, et reçoivent peu de marques d’affection.
Les enfants du style négligeant, sont plus débrouillards, mais aussi plus réfractaires à l’autorité (quelle qu’elle soit) et sont en carence affective. Ils auront du mal à suivre leur scolarité à cause de leurs difficultés à intégrer les règles de l’école et peuvent avoir des difficultés relationnelles liées à leur grand besoin de reconnaissance et leur tendance à la dépendance.

  Le style permissif 

Le style permissif On retrouve dans cette catégorie le parent obsédé par la performance de son enfant au sport, à l’école, en musique, ou dans toute autre activité qui implique des résultats. Une variante : le parent qui impose des valeurs très exigeantes à son enfant, pour qu’il soit, par exemple, très écologiste, ou altruiste. Dans ce dernier cas, le parent dit à son enfant : « Toi, tu n’as pas de besoins, tu dois donner tes choses aux autres, parce nous sommes au dessus de ça », etc. En agissant ainsi, le parent exige finalement que l’enfant soit autre chose que ce qu’il est, pour satisfaire ses propres désirs. « L’enfant devient le porteur de l’idéal du parent, et sent une pression importante puisque, s’il n’est pas le meilleur ou tel comme on lui demande d’être, il n’est personne. Ce qu’il est pour de vrai n’est pas pris en compte », explique François Dumesnil.

Puisque ce type de parent se remet rarement en question, le psychologue verra plutôt arriver ces enfants à l’âge adulte, en thérapie. « Dans le cas du parent obsédé par l’altruisme, non seulement son enfant se sent quelqu’un de mauvais dès qu’il a des besoins; de surcroît, devenu adulte, il sera quelqu’un qui donne tout à tout le monde, mais n’a jamais été heureux, puisqu’il s’oublie. S’il tient compte de lui-même, il se culpabilise », explique-t-il. L’enfant guidé par la performance deviendra pour sa part un adulte qui a toujours vécu à côté de lui-même, à côté de ses vrais rêves.

  Le style autoritaire

Alors que les enfants de parents autoritaires sont généralement plus anxieux, réservés, peu spontanés, ont une piètre réaction à la frustration, sont plus susceptibles de se livrer à des activités antisociales (toxicomanie, alcoolisme, vandalisme, délinquance).

Les parents désengagés pour leur part, sont caractérisés par l’indifférence et par l’absence de soutien adéquat pour l’enfant. Cette indifférence peut être due à la carrière, la drogue, ou au narcissisme. Quant au parent permissif, il se comporte avec indulgence et laxisme, cédant facilement aux caprices et acceptant les mouvements d’humeur de l’enfant.

 

Le style « authoritative »

L’autorité des parents démocratiques tente de diriger les activités de l’enfant, mais d’une façon rationnelle, axée sur la méthode. Il encourage l’échange verbal, explique à l’enfant le raisonnement qui sous-entend ses règles et ses valeurs. Lorsque l’enfant refuse de se conformer à ses exigences, il lui demande d’en expliquer les raisons. L’autodiscipline et la volonté de conformité aux règles sont évaluées. Par conséquent, elle exerce un contrôle ferme sur les points de divergence parent-enfant, sans se limiter à l’emploi de contraintes (punitions). Il applique son propre point de vue comme un adulte, mais il reconnaît les intérêts individuels et les buts de l’enfant.

L’autorité parentale affirme les qualités de l’enfant, mais établit aussi les normes de conduite future. Elle se sert de la raison, du pouvoir, et de l’élaboration puis du renforcement de règles de conduite pour atteindre ses objectifs, et ne fonde pas ses décisions sur le consensus ou les désirs de l’enfant. Cette autorité parentale ne se considère pas elle-même comme infaillible, ou d’inspiration divine.

 

Y’a t-il un style d’éducation idéal ?

Si nous nous concentrons sur l’intérêt de l’enfant, il est aisé de voir les effets bénéfiques du style « authoritative » ou démocratique, qu’on peut aussi appeler en français style éducatif démocratique.

Il combine deux bases essentielles en matière d’éducation : l’affection et le cadre; autrement dit il apporte à la fois la sécurité affective à l’enfant tout en lui offrant un cadre dans lequel il pourra s’épanouir.

 

Ceci étant dit, il reste difficile à appliquer dans certaines situations et sert plutôt de modèle idéal qui peut guider les parents dans leur manière d’éduquer.

D’autre part, comme nous en faisons souvent l’expérience dans les ateliers-parents, les styles éducatifs se combinent dans les familles, en fonction des situations : même si un style est souvent privilégié, les parents ont recours à d’autres styles dans des situations bien spécifiques : le style autoritaire quand il s’agit d’une règle qui peut mettre en danger un enfant (la règle n’est pas négociable), le style permissif quand le contexte le permet et qui donne l’occasion à l’enfant de s’exercer à prendre ses propres décisions sans que cela ait des conséquences importantes (choix de l’activité ou du linge qu’il portera par exemple).

 

L’information et l’éducation sur les styles parentaux optimaux et sur l’adoption précoce de pratiques efficaces sont importantes pour l’adaptation sociale de l’enfant et pour sa réussite. Dans plusieurs situations, un style parental démocratique flexible et chaleureux est le plus bénéfique pour le développement social, intellectuel, moral et affectif de l’enfant. Cependant, la recherche qui porte sur les interactions parent-enfant doit continuer à s’élargir et évaluer non seulement les résultats chez une plus grande variété de groupes ethniques, raciaux, culturels et socioéconomiques, mais aussi chez des enfants d’âges différents, afin que les familles puissent récolter tous les fruits de la recherche, quelle que soit leur situation.

F.M

DOSSIERS SPÉCIAUX